PNG - 417.8 ko
De gauche à droite :
Béatrice Caracciolo, John Giorno, Christophe Berhault

Laissons momentanément tomber Naples qui s’enfonce sans fin sans réagir le moins du monde dans l’attente de la prochaine éruption qui se chargera de la réveiller brutalement. Sans la moindre certitude que le Kaplan’s Project persévèrera longtemps à inviter dans son décor ses artistes à montrer leurs oeuvres, c’est le moment, avant de continuer peut-être hors ces murs, de revenir sur la trajectoire effectuée pour ne pas s’égarer, s’il y avait une direction à suivre qui puisse se dessiner.

Avant même que ne naisse l’idée de la galerie, Robert Kaplan donna un appui juridique et financier à la gigantesque installation « GU » (pour Jugement universel) de Pierre-Yves Le Duc dans la Salle de la Méridienne du Musée Archéologique de Naples plongée dans les ténèbres. Cette chute des damnés dans le néant devint de fait en 2004 l’exposition n°0.

Lorsque deux ans plus tard on proposa à Kaplan l’espace qui deviendrait sa galerie dans l’extraordinaire palazzo Spinelli à la cour ronde et à l’escalier monumental orné de statues de princesses Caracciolo, ce lui fut une évidence que de faire rouvrir cet espace jusque là occupé par une association marxiste, l’Internazionale, par Beatrice Caracciolo avec une exposition sur le thème de la contrainte à l’exil, déjà montrée à Paris en 1995 alors qu’elle militait pour la Bosnie. Ces sculptures sont de zinc, un métal comme la mémoire gardant l’empreinte de son passé. C’était une manière de rendre hommage à qui ne s’est pas trompé de camp et c’était bien aussi qu’une femme passe la première.

L’exposition n°2 fut celle du merveilleux Giuseppe Zevola dont sa ville qu’il vient de quitter n’a jamais réalisé la chance qu’elle avait de l’avoir, ce qu’à l’étranger on a compris depuis longtemps, Jonas Mekas et Hermann Nitsch les premiers. Comme partout où il passe, Zevola a enchanté les lieux de ses formules magiques empruntées à Giordano Bruno et a tenté de faire dialoguer Naples avec le monde, au moment où la Chine envahissait la ville, alliance de la carpe et du lapin. Cette exposition qui s’acheva en une loterie récompensant par des oeuvres ceux venus la visiter vraiment, c’est-à-dire pas le jour de l’inauguration, a été une manière pour Kaplan de le remercier de ses extrêmes générosité, curiosité et imagination.

La troisième, celle de Joerg Huber, auquel les trois derniers adjectifs pourraient également s’appliquer, aura été un inquiétant éclairage, une sorte d’ombre planante, de l’étau qui se resserre sans cesse sur nous par un maillage de contrôles de toutes sortes, caméras de vidéosurveillance, systèmes d’écoute et accès à toutes les données par manipulation de computers qui tendent à nous réduire à l’inaction, l’irresponsabilité et l’angoisse. C’est à cette clairvoyance que Kaplan voulait rendre hommage.

L’exposition n°4, de Christophe Berhault tranchait net et rien n’y était planant. Les dessins précis de planches anatomiques de maladies de peaux comme de plantes ou de victimes des bombardements de Londres en 1944, mélangés aux fantasmes érotiques obsessionnels d’un personnage dit Fox, et c’est un regard sur l’insane jamais loin qui nous attend ou nous tend les bras que cette exposition montra. Kaplan y vit aussi une révérence complice aux années mortes du Palace et à une gayitude vitriolée en ces années-là.

La n°5, celle de Paolo Stampa, que Kaplan sut habilement convaincre d’exposer pour la première fois, expérience en soi, joua par hasard sur des thèmes similaires, virus, microbes, molécules et cellules malades sur fond de planètes et d’étoiles brossant un portrait de nos connaissances à la date d’aujourd’hui. Entre l’infiniment petit et l’infiniment lointain, des images photographiques de femmes mythologiques y faisaient face, intemporelles mais bien mortelles, sortes d’intermédiaires entre les planètes qu’elles représentent comme Diane la lune, et toutes les maladies que leurs corps peuvent receler, entités abstraites pouvant se substituer les unes aux autres, matière d’une chaîne sans fin, mythologie oblige.

La n°6 fut pour Kaplan un hommage aux avant-gardes historiques, celles de vies dédiées à l’acte pour l’art, des décennies durant, toujours novateur, aux antipodes des lois de marché. Ainsi fut organisée la première rétrospective et exposition commune de cinquante années de parcours artistique en parallèle, de Bernard Heidsieck, chef de file de la poésie action, poésie qu’il s’attela à sortir des pages des livres pour lui redonner vie et de Françoise Janicot, peintre abstrait dont les performances accomplirent une sorte de propre effacement, mari et femme, face à face équilibré sur les quatre parois d’une seule pièce pour y résumer une vie.

John Giorno, poète new-yorkais, leur complice à tous trois lié comme eux aux beat, leur succéda pour la n°7, avec ses phrases comme des coups de poing envoyées en pleine gueule, bien senties, bien vues, bien méritées, pour réveiller les amorphes, les hypnotisés, les endormis, multipliant les adeptes par son hallucinante vitalité et sa merveilleuse sagesse. En l’exposant, Kaplan lui exprimait son immense reconnaissance et son admiration pour sa capacité sans cesse renouvelée de rester ouvert à tout ce que la vie peut offrir.

Puis vint le tour n°8 de Claudio Catanese à qui Kaplan décida contre vents et marées de réaliser le vieux rêve jamais concrétisé de faire sa propre exposition après avoir tant travaillé à celles des autres. Celle-ci, sur le thème des passwords, mots de passe ludiques, subtils et joyeux, aurait pu être en d’autres lieux et d’autres circonstances, une tentative réussie de décloisonnement, d’un passage franchi, réel affranchissement. Mais autant ses phrases poétiques oulipiennes étaient nées légères et colorées, autant les murs de la ville sont restés épais, les cloisons étanches et les castes inamovibles. Mais c’est un citoyen du monde que Kaplan aura néanmoins révélé et qui aura été reconnu au-delà des frontières.

En réaction à la précédente Kaplan n’exposa ensuite que sa propre collection de tapis de tribu semblables à des œuvres d’art brut, ne conviant personne sinon quelques amis au résultat de ses propres recherches. Il y associa toutefois TLuise, le complice de toujours de Catanese et spécialiste en réparation de tapis volants. Et les lieux transformés en une sorte de mosquée ne furent plus le théatre que de quelques élus lors de nuits orientales. A la n°9, a succédé la 10, « La Chute ou la lutte », exposition collective à l’objectif fort clair où chacun des participants était invité à choisir son camp, dans une ville en état de siège médiatique. Puis les mêmes et quelques autres participèrent aux Kaplan’s Projections, sorte de test de résistance à divers degrés.

A la douzième, il fut vraiment question de construire dans la galerie une guillotine invitant chacun à réfléchir aux conséquences de ses actes, mais les circonstances médiocres d’une exposition officielle sur le thème du Jaune de Naples exploré vingt ans plus tôt par Paul-Armand Gette mais oublié par ignorance, fit que Kaplan lui proposa une « contre exposition », sa 855ème. Et grand bien lui prit car l’expérience se révéla de manière inattendue la plus délicieuse d’entre toutes.

Pour conclure avec le n°13 les trois premières années de sa facette de galeriste, Kaplan a invité en mars dernier Jacques Villeglé à projeter « Un Mythe dans la ville », et à sa suite il continuera à s’efforcer de conserver du monde une vision poétique, tout en lacérant aussi souvent que possible idées reçues et conventions, ce, dans une ville où la parole d’or est : Conviene

Let’s drop Naples for the time being, endlessly sinking without the slightest reaction, ever waiting for the brutal awakening of the next eruption… Without any way of knowing if Kaplan’s Project will still be inviting artists in its décor to show their works, it’s time, before possibly carrying on beyond these walls, to retrace our steps so we don’t loose our way as we try and see if a path forward could take shape.

Even before the idea of an art gallery came into being, Robert Kaplan gave a legal and financial support to Pierre-Yves Le Duc’s installation « GU » for Universal Judgment steeped in gloom in the Meridian Hall of Naples’ Archaeological Museum. This fall of the dammed into oblivion became the de facto 2004 exhibition #0.

When, two years later, a space was proposed to Kaplan which was to become his gallery in the extraordinary Spinelli palace with its circular courtyard and monumental staircase adorned by sculptures of the Caracciolo Princesses. It became evident for him to reopen this space, previously occupied by a Marxist association called the Internazionale, to Beatrice Caracciolo with an exhibition on the theme of forced exile which had already been shown in Paris in 1995 when she was militating for Bosnia. These sculptures are in zinc, a metal that keeps, like memory, the imprint of its past. It was a way of paying homage to those who had not chosen the wrong camp and it was also a good thing that a woman should come first.

Exhibition #2 was magical Giuseppe Zevola’s. His city, which he has just left has never realised her luck in hosting him, something which was understood abroad long ago, Jonas Mekas et Hermann Nitsch being among the first to acknowledge it. As Zevola mesmerizes every place he goes to with the magical formulas loaned from Giordano Bruno and tries to make Naples converse with the rest of the world ; China was invading the city, the alliance of the carp and the rabbit.This exhibition that ended with a raffle rewarding with works of art those who really came to see it, not only on an opening day, was a way for Kaplan to thank Zevola for his extreme generosity, curiosity and imagination.

The third, Joerg Huber’s, to which the three last adjectives could also apply, will have shed a disturbing light, a kind of hovering shadow, on the ever tightening mesh of controls of every kind, video and radio monitoring and access to all data by manipulating computers that tend to reduce us to inaction, irresponsibility and anguish. Kaplan wanted to pay homage to this clairvoyance.

The exhibition #4 was a sudden rift from the previous and nothing about it was dreamy anymore. The precise anatomical drawings of skin diseases or plants or London 1944 bomb victims mixed in with the obsessive erotic phantasms of a character called Fox, were the gaze on the never distant insanity waiting for us or welcoming us with open arms which this exhibition revealed to us. Kaplan also saw it as a reverent complicity for the lost years of the Palace and the gayness lambasted in that time.

Number 5, Paolo Stampa’s, that Kaplan cleverly managed to exhibit for the first time, an experience in itself, played on the same themes quite by chance, viruses, microbes, molecules and diseased cells on a background of planets and stars that drew a portrait of our knowledge up to this day.

Photographs of mythological women faced the space between the infinitely small and the infinitely distant, timeless but quite mortal too, they were mediators between the planets they incarnated like Diana the moon and all the diseases their bodies could hold. These abstract entities could alternate with each other, part of an endless, living chain – mythology oblige.

Number 6 was, for Kaplan, homage to historical avant-gardes, to lives dedicated to acts for art’s sake ; for decades, acts of innovators, antipodean acts to the laws of the market. In this spirit was organized the first retrospective and shared exhibition of fifty years of a parallel artistic endeavour. That of Bernard Heidsieck, leader of Action Poetry, poetry he fought to extract from books to bring back to life and Françoise Janicot, abstract painter whose performances accomplished a kind of self erasement. A husband and a wife, a balanced encounter on the four walls of the same room to sum up a life.

John Giorno, a New-York poet, their old friend linked to BEAT like the other three, followed them for #7 with his punch like phrases in the face, keenly felt, acutely observed, well deserved, to wake up the amorphous, the hypnotised, the sleepy, multiplying adepts with his hallucinating vitality and his wonderful wisdom. By exhititing him Kaplan expressed his unending gratefulness and admiration for a his capacity to be eternaly open to what life has to offer.

Then came #8’s turn with Claudio Catanese for whom Kaplan decided against all odds to make his old dream come true of having his own exhibition after working so long on other people’s. The exhibition, on the theme of passwords, playful passwords, subtle and joyous, could have been in other places and circumstances, a decompartmentalization, a threshold crossing, a real emancipation. But as much as Catanese’s oulipian phrases were born full of light and color, the town walls stayed thick, the compartments watertight and the casts unchangeable. Yet a world citizen was revealed by Kaplan nevertheless and made known beyond frontiers.

In answer to the previous exhibition Kaplan then only exhibited his own collection of tribal carpets similar to works of Raw Art, inviting no one if only a few friends to the result of his research. He associated nevertheless with TLuise, Catanese’s old friend and specialist in repairing flying carpets. The place was transformed into a kind of mosque became a theatre of a select few for oriental nights. After #9 came #10, “Fall or Fight” : a collective exhibition with a very clear goal where each participant was invited to choose his camp in a town besieged by the media. Then the same and a few others participated in Kaplan’s Projections, a kind of endurance test of different levels.

The 12th was really about building a guillotine in the gallery inviting each and everyone to reflect to the consequences of their actions. But the mediocre circumstance of an official exhibition on the theme of Naples Yellow explored twenty years earlier by Paul Armand Gette later forgotten by ignorance, made Kaplan propose a “counter exhibition” to him, his 855th. And great good came out of it for Kaplan, because the experience revealed itself the sweetest of them all in the most unexpected way.

To conclude with #13, the first three years of his persona as a gallery owner, Kaplan invited Jacques Villeglé to project « A Myth in the City » and in his footsteps, he will always try to preserve a poetical vision of the world, while lambasting conventions and prejudices as often as possible, this, in a town where the golden word is : Conviene

Lasciamo stare, per il momento, Napoli che continua ad affondare senza minimamente reagire in attesa della prossima eruzione che, brutalmente, la risveglierà. Senza certezza alcuna che il Kaplan’s Project persevererà nello sforzo di invitare gli artisti a esporre le loro opere, è questo il momento, prima di rischiare di procedere all’infuori delle nostre intenzioni, di tornare sulla traiettoria per evitare di smarrirsi, se mai si potesse intravvedere una direzione da seguire.

Ancora prima che nascesse l’idea della galleria, Robert Kaplan diede un sostegno giuridico e finanziario per l’installazione “GU” (che sta per Giudizio Universale) di Pierre-Yves Le Duc nella Sala del Meridiano del Museo Archeologico di Napoli, immersa nelle tenebre. Questa caduta dei dannati nel nulla divenne di fatto, nel 2004, l’Esposizione n. 0.

Allorché due anni più tardi fu proposto a Kaplan lo spazio che sarebbe divenuto la sua galleria all’interno dello straordinario Palazzo Spinelli dal cortile circolare e dallo scalone monumentale ornato dalle statue delle principesse Caracciolo, gli apparve scontato far riaprire questi luoghi - fino ad allora occupati dall’associazione marxista L’Internazionale - da Beatrice Caracciolo con una esposizione sulla costrizione all’esilio, già presentata a Parigi nel 1995 allorché egli militava per la Bosnia. Si tratta di sculture di zinco, metallo che – così come la memoria – conserva l’impronta del proprio passato. Intendeva rendere omaggio a quanti non avevano sbagliato schieramento e andava anche bene che fosse una donna a inaugurare la galleria.

Protagonista dell’esposizione n. 2 fu il meraviglioso Giuseppe Zevola. La sua città, da cui se ne è appena andato, non si è mai resa conto di quanto fosse grande il privilegio di averlo ; all’estero, invece, lo hanno capito da tempo, per primi Jonas Mekas e Hermann Nitsch. Così come in tutti i posti in cui si trova a passare, Zevola ha improntato i luoghi delle sue formule magiche ispirate a Giordano Bruno e ha tentato, invano, di far dialogare Napoli con il mondo, il tutto mentre l’invade la Cina, alleanza della carpa e del coniglio. Questa esposizione, che finì con una lotteria i cui si ricompensavano con delle opere quanti erano venuti realmente a vederla, ovvero non il giorno dell’inaugurazione, significò per Kaplan una maniera di ringraziare Zevola della sua immensa generosità, curiosità e immaginazione.

La terza, quella di Joerg Huber – anch’essa caratterizzata dai tre suddetti sostantivi – costituì una inquietante illuminazione, una sorta di ombra che fa sognare, della morsa che si stringe senza tregua su di noi con un intreccio di controlli di ogni genere, cineprese per la videosorveglianza, sistemi di ascolto e accesso a tutti i dati tramite la manipolazione di computer che tendono a ridurci all’inazione, all’irresponsabilità e all’angoscia. Ed è proprio a questa chiaroveggenza che Kaplan intendeva rendere omaggio.

L’Esposizione n. 4 tagliava corto e niente induceva a sognare : disegni esatti di tavole anatomiche di malattie della pelle e delle piante o delle vittime di bombardamenti di Londra nel 1944, miscelati con i fantasmi erotici ossessivi di un personaggio detto Fox ; è uno sguardo sull’insano sempre in agguato o che ci tende le braccia che mostra questa esposizione. Kaplan vi intravvide anche une riverenza complice agli anni morti del Palazzo e a una “gaytudine” sfigurata in quegli anni.

La n. 5, di Paolo Stampa, abilmente convinto da Kaplan a esporre per la prima volta – esperienza a parte - utilizzò per un gioco casuale argomenti affini, quali virus, microbi, molecole e cellule ammalate su uno sfondo di pianeti e di stelle quali un ritratto delle nostre conoscenze al giorno d’oggi. Fra l’infinitamente piccolo e l’infinitamente lontano, i ritratti fotografici di donne mitologiche che li fronteggiavano, senza tempo ma di certo mortali, sorte di intermediari fra i pianeti che rappresentano come Diana la luna e tutte le malattie che i loro corpi possono celare, entità astratte che possono sostituirsi l’un l’altra, materia di una catena senza fine, come esige la mitologia.

Quanto alla n. 6, essa fu per Kaplan un elogio delle avanguardie storiche, quelle delle vite dedicate all’azione per l’arte, per decenni, sempre innovativa, agli antipodi delle leggi del mercato. Fu così organizzata la prima retrospettiva ed esposizione comune di cinquant’anni di percorso artistico in parallelo, da Bernard Heidsieck, capofila della poesia-azione che si adoperò per far uscire dalle pagine dei libri e restituire loro vita e Françoise Janicot, pittrice astratta le cui performance realizzarono una sorta di “autocancellazione”, marito e moglie, faccia a faccia equilibrato sulle quattro pareti di una sola stanza, per riassumervi una vita.

John Giorno, poeta, newyorkese, altro complice e come loro legato ai beat, seguì con la n. 7 : frasi espresse come pugni spediti in piena faccia, ben sentiti, ben visti, ben meritati, per risvegliare le persone amorfe, ipnotizzate, addormentate, e moltiplicando gli adepti con la sua impressionante vitalità e la sua meravigliosa saggezza. Dedicando a lui un’esposizione, Kaplan ha inteso esprimergli la sua immensa riconoscenza.

Venne poi la volta della n. 8, di Claudio Catanese : Kaplan decise, contro venti e maree, di realizzare il vecchio sogno dell’artista, ovvero di esporre la propria opera dopo avere dedicato tanto lavoro alle mostre alle esposizioni altrui. Questa, concernente le passwords, parole d’ordine ludiche, sottili e gioiose, avrebbe potuto costituire, in altri luoghi e in altre circostanze, un tentativo riuscito di soppressione delle barriere, di un passo valicato, vero e proprio affrancamento. Ma quanto le sue frasi poetiche ispirate all’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) erano nate leggere e colorate, così i muri, essi, sono rimasti spessi, i tramezzi stagni e le caste inamovibili. Ma Kaplan avrà tuttavia svelato un cittadino del mondo.

Per reazione alla precedente mostra, Kaplan non espose in seguito altro che la propria collezione di tappeti delle tribù, simili a opere di arte grezza, invitando soltanto alcuni amici ad ammirare il risultato delle sue ricerche. Ma vi associò tuttavia TLuise, da sempre il complice di Catanese e specializzato nella riparazione di tappeti volanti. E i luoghi trasformati in una sorta di moschea non furono da allora altro che il palcoscenico di pochi eletti in occasione di notti orientali. Alla n. 9 seguì la n. 10 “La Caduta o la Lotta”, esposizione collettiva dall’obiettivo assai chiaro in cui ciascuno dei partecipanti veniva invitato a scegliere il proprio campo, in una città in stato d’assedio mediatico. Poi gli stessi e qualche altro presero parte alle Kaplan’s Projections, sorta di test di resistenza a vari livelli.

Per la dodicesima, davvero si edificò nella galleria una ghigliottina per invitare ciascuno a riflettere sulle conseguenze delle proprie azioni, ma le mediocri circostanze di una esposizione sul tema del Giallo di Napoli, esplorato vent’anni prima da Armand Gette, indusse Kaplan a proporgli una “contro esposizione”, che sarebbe stata la sua 855esima. Fortunatissima iniziativa, poiché l’esperienza risultò essere, inaspettatamente, la più deliziosa di tutte.